Dimanche
500 NM au large de la République Dominicaine

Hier soir, crise de tourista générale excepté pour Guillaume… S’en suivit de grosses difficultés pour dormir… Et aussi de grandes réflexions ! Surtout pendant le quart de nuit (2h-5h) sans cargo ni casse ce coup-ci !
Ah ! Quelles réflexions, sur quoi portaient-elles ou sur qui ?
Cette nuit, j’ai fini un bouquin qui s’appelle « Le vieux qui lisait des histoires d’amour » de Luis Sepulvida. Et ça m’a amené à cogiter par rapport à ma relation aux autres, qui et pourquoi certaines personnes sont des amis, l’importance d’une relation bilatérale en amitié ou en amour…
Est-ce qu’une amitié entre deux personnes peut fonctionner si l’un des deux est gêné par le comportement de l’autre vis-à-vis de lui en public ?
Est-ce qu’une amitié entre deux personnes peut fonctionner si la relation a débuté sur des sentiments amoureux pour l’un ? « On ne saurait passer de la plus forte amitié qu’à un amour faible » et la réciproque existe-t-elle ? Est-ce que cela fonctionne aussi dans le sens amour vers l’amitié ? Et si l’amour n’avait été fort que d’un seul coté ?...
Après la tourista hier soir, maintenant, le bateau se transforme en léproserie… Guillaume et moi pelons aux épaules et au visage… Le bateau roule énormément, il passe de vingt degrés de gîte bâbord à vingt degrés de gîte tribord en quelques secondes…C’est assez sympa, du coup, on se badigeonne à fond de crème pour pas reprendre des coups de soleil là où on pèle…
Ce voyage est vraiment un voyage initiatique (merci ma chérie pour cette phrase-là !). Imaginez-vous, sur le pont d’un voilier, il est
La pêche est toujours infructueuse, malgré des bancs de thon et des poissons volants aperçus hier et ce matin. Hier, pendant mon quart, j’ai eu droit à une frégate qui nous a tourné autour pendant trois quarts d’heure. Non, non, non, une frégate n’est pas forcément un bateau de l’armée, c’est aussi un oiseau de mer qui vit sur les océans. Détail original, elle ne se pose quasiment jamais sur l’eau et dort en vol !
Sinon, discutons un peu de l’équipage :
Denis, 47 ans, skipper, cinq transat’ à son actif, mais jamais dans le sens Antilles-France ! Bourré 24h/24 à terre. Ce qui nous a valu un joli coup de flip avec Guillaume. Une fois sur l’eau, il passe son temps, soit à dormir quand il est hors quart, soit à son quart ! Là, il vient de trouver un nouveau passe-temps, la pêche et comment marche l’Iridium…
Guillaume, 19 ans, équipier, futur capitaine Marine Marchande, 1ère transat’. Durant la partie à terre, il était comme moi anxieux. Depuis qu’on est parti, on parle moins. Je ne sais pas du tout ce qu’il pense de tout ça. Il a été malade au début, moi aussi d’ailleurs, mais juste le temps de s’amariner (pour tout les deux).
Et ensuite, il y a moi ! 23 ans, équipier, futur charpentier de marine, 1ère transat’. Un peu gaffeur, cassage de drosse de barre à roue… un peu cuistot, c’est bibi qui fait la cuisine… un peu mécano, c’est bibi qui répare tout les petits problèmes du bord… un peu photographe, environ 400 photos en six jours de mer…
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