Conter la mer, les bateaux, ... . Partager des voyages, des découvertes, des rencontres, ... Toujours autour de la mer...
Mercredi 26 septembre 2012, 5h45 E.T., Sudbury, Greyhound bus Terminal
Mon séjour à Toronto est fini. J'aurai pû rester plus longtemps, visiter davantage, explorer encore plus la ville... Mais non, je n'ai pas accroché avec Toronto... Trop grande, trop speed, trop impersonnelle peut être... Où peut être n'ai-je pas sû l'apprécier à sa juste valeur... Il y a des coins, des endroits merveilleux... Toronto Island en fait parti, si on s'éloigne du parc à touristes et du petit aéroport, il y a des endroits vraiment agréables sur les îles... toutes aménagées en marina pour pauvres petites gens désoeuvrées... travaillant dans les tours faisant face à ces quais de bois... Bien entendu, les quelques maisons secondaires sont à l'opposé de l'aéroport et des plages « clothing optional beaches »...! Des plages naturistes à cinq petites minutes de bateau du centre ville de Toronto... et les gens, alors que je portais bien mon pull et une petite veste pour me couper du vent... les gens étaient nus...
Aujourd'hui, j'ai 32 heures de bus, 2000 kilomètres à parcourir à travers l'Ontario et le Manitoba, jusqu'à Winnipeg...
Je ne suis pas encore arrivé, ça ne fait que cinq heures que nous avons quitté Toronto... C'est un moyen d'apprécier la taille du pays. Une fois arrivé à Thunder Bay (1200 kilomètres de Toronto), je serais à plus ou moins égal distance de Halifax et de Vancouver...
Halifax me semble si loin... mes premières foulées sur le sol canadien... la première ville arpentée en long, en large et en travers... à part Moncton, Ottawa et la Gaspésie, la taille des villes n'a fait que croître entre Halifax, Québec, Montréal et Toronto, avec Ottawa l'intruse, au milieu, plus petite que Québec je pense...
Winnipeg sera différente... rien que de part sa densité... 1500 habitants par kilomètres carré contre plus de 4200 pour Toronto...
Après un mois de voyage incessant, certaines choses manquent. Je crois que le plus dur, c'est de se dire que finalement, je ne suis rien d'autre qu'un "homeless", mais un peu plus chanceux que les autres car plus riche...
Certes je suis loin de la famille, des amis, des repères, mais mes différents voyages m'ont appris beaucoup... Il ne faut pas être triste pour ça... On finit toujours par revoir les gens qu'on aime... Sauf malheur de la vie...
Je vois de mon côté quels ont été les effets sur mon avenir du décès tragique de Camille. A cette période-là, j'hésitais, j'étais plein de doutes sur la nécessité absolue de partir... de laisser, ici ou là, un travail, des gens que j'apprécie,... je repoussais chaque jour l'achat de mes billets d'avions...
Dans la nuit suivant l'enterrement, pour la énième nuit depuis le triste appel de maman, je n'arrivais pas à dormir... mais contrairement aux autres nuits, c'est à ce moment que tout c'est éclaircit, que mes doutes s'estompèrent. Je me leva, et acheta mes billets en plein milieu de la nuit. Je ne cessais de penser à Camille en me disant qu'il fallait que j'arrête de me prendre la tête, car la vie est souvent trop courte... qu'il fallait faire ce dont on avait envie, que lorsqu'on ne se plaisait plus quelque part, il était temps de partir...
« J'aimerais parfois m'arrêter
trouver un endroit où rester
mais je ne veux que voyager
et je ne fais que passer
parfois j'ai envie de stopper
soit que je rencontre un ami
ou que je me sente endormi
je stationne un peu par ici
car il faut des fois un accord
entre la peur et le confort
entre la voile et puis le port
entre la vie et puis la mort
j'aime beaucoup trop le mouvement
et ne seait-ce qu'un instant
je n'ose jamais me surprendre
je n'arrive jamais à me rendre
et je ne fais que passer
je ne fais que jamais que passer
et je ne fais que passer
je ne fais que jamais que passer
parfois j'ai envie de stoper
soit que je rencontre un ami
ou que je me sente endormi... »
Cette chanson de Jean Leloup illustre bien ma route...
Nous sommes repartis de Sudbury, il est 10h00 E.T. et nous longeons une rivière, les arbres ont la couleur de l'automne canadien, ils sont de toutes les couleurs, c'est absolument magnifique.
15h25 E.T., Wawa, somewhere in Ontario
Quand je pense à ce voyage, entrepris il y a un mois, des fois je suis partagé sur la fatigue accumulé, les déplacements incessants, comme s'il y avait une envie de se poser... et d'un autre, je profite tellement de tout ces moments... pas de stress, pas de pression. Christina m'a proposé de rester plus longtemps à Toronto... mais non, je décide moi-même, et ça me plait comme ça!
Les gens que l'on rencontre, les paysages qui s'étalent le long de la route, tout ça fait qu'on ne peut que apprécier un tel voyage...
Et l'anglais dans tout ça? Je ne parle pas trop, j'ai des gros problèmes de prononciations, mais ça vient petit à petit. J'essaye de me débrouiller, d'écouter dans le métro, le bus, la rue les conversations des gens autour de moi. De faire attention aux paroles de chansons. Je mémorise de nouveaux mots tout les jours, de nouvelles expressions, donc c'est plutôt cool!
Hier soir, en prenant le métro pour descendre au Coach Terminal de Toronto, j'ai discuté avec Stephen, habitant de Victoria sur Vancouver Island... du coup, je dois le revoir quand je serais là-bas...
Il est 19h00 E.T., cette nuit je change de fuseau horaire, une nouvelle fois! Je rentre dans le « Centre Time ». 7 heures de moins qu'en métropole... après il y aura le « Mountain Time » et enfin le « Western Time ».
La route est taillée, dessinée de manière à passer le long des lacs, à faire le moins de détour possible, la montagne est parfois creusée, la forêt abattue.
Les distances se creusent entre les villes, les villages, les habitations... Il n'y a rien d'autres que nous sur la route... On en est à notre troisième chauffeur, ils sont relayés toutes les 6-7 heures environs.
Le coucher de soleil arrive, le soleil est relativement bas, nous éblouissant en fonction des virages, des descentes et des montées...