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Jeudi 12 juin 2008

Pourquoi un blog?

Peut être parce que c'est un moyen assez simple d'exposer les photos que j'ai prises. J'espère qu'elles pourront vous faire rêver autant qu'à moi.

A bientôt,

Ugo

par Ugo publié dans : Maori
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Jeudi 12 juin 2008

« Quand les bateaux s’en vont »

Des enfants rêvent –

Des adolescents hésitent –

Des adultes regrettent –

Des vieillards rêvent –

Et les sages maisons surveillent du haut des remparts.

 

Extrait de : Au fil des côtes de Québec, Simone Hudon, 1967

par Ugo publié dans : Réflexion
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Dimanche 15 juillet 2007

Mardi 20 mars 2007 ; 10h25 ; 22°54’N 60°37’W ; 1000 NM à l'est de la Havane

 

Voilà un troisième bouquin de fini. « L’homme sorti de la mer ». Comme je l’ai dis hier, un bien joli conte, qui amène, encore, à réfléchir !

Sinon, j’ai croisé un petit cargo hier soir ! Il n’y a pas eu de casse, c’est bien ! N’empêche que ces gros machins sont inquiétants car quand on distingue leurs feux à l’horizon, soit environ 5 à 15 NM, ils sont sur nous en 15-20 minutes ! Donc il faut vite déterminer leur route et manœuvrer pour les éviter, car même si en pleine mer, c’est nous qui sommes prioritaire, la nuit, il ne se gêne pas pour tirer tout droit…

Après, ce matin, j’ai réussi à boucher les chiottes ! Il a fallu aller fouiller au fond de la cuvette pour virer ce qui bloquait… vive les gants poches poubelles !!

Je reviens au bouquin de Monfreid, sur la fin, les réflexions de l’auteur m’ont fait pensé à celles d’Eric (le collaborateur de papa qui m’a filé mes bouts de bois en Martinique) qui disait être rentré de métropole en Martinique car ce n’est pas tout d’avoir un job, mais il faut vivre auprès de notre « famille », des gens qui nous sont chers dans un cadre de vie que l’on apprécie. Et j’avoue que c’est un peu mon état d’esprit aussi. Il y a de quoi, dans le livre, également, réfléchir sur l’amitié ainsi que la manière de pardonner le mal qui a pu nous être fait.

16h30, une dorade coryphène d’un mètre cinquante à deux mètres vient de mordre à la ligne. En se débattant, cette garce a réussit à péter la ligne…

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Lundi 19 Mars 2007 ; 17h30 ; 21°40’N 60°29’W ; 620 NM au large des Caicos Island

 

Aujourd’hui, Grand Jour ! On a pêché pour la deuxième journée consécutive… Et oui, hier on a pris un thon germon d’environ 2,5-3 kilogrammes. On en a mangé la moitié à midi à s’éclater le bide ! Cet après-midi, on a pris une dorade coryphène d’un mètre pour 6-7 kilogrammes… Nous qui nous inquiétons des produits frais, on se retrouve avec un bon paquet de poisson frais ! Carpaccio de thon et de dorade, ainsi que filet cuit à la poêle… Le poisson n’a rien à voir avec celui qu’on achète dans le commerce, sa chair est tendre, fondante, et c’est tellement bon ! Guillaume a vidé la dorade. Première fois qu’il vidait un poisson. Il s’en est bien tiré ! C’est à mon tour la prochaine fois !

Sinon, journée tranquille, ce matin pas mal de vent, avec des grains (pluie plus vent violent) assez fréquent. A la fin de mon quart, à 8h, je suis retourné me coucher à l’avant, j’avais laissé le hublot de pont légèrement ouvert, histoire de laisser passer un filet d’air… A un moment, le bateau a tapé dans une très grosse vague, qui a déferlée sur le pont et je me suis pris 30 litres de flotte sur la gueule !! Autant dire qu’après ça, j’avais plus sommeil ! Ensuite, ce fut douche, à l’eau de mer s’il vous plait ! Puis cuisine ! Préparation du carpaccio de thon, de la salade d’ananas au rhum des Antilles ! Et des patates ! Puis séance lecture. « L’homme sorti de la mer » d’Henri de Monfreid, un joli conte. Je remercie la personne qui me l’a offert !

 

Ce soir on se fait un gigot d’agneau ! La classe non ! Surtout quand on est à plus de 400 NM de la terre la plus proche (et pas forcément habitée…).
Sinon, le skipper nous fait pas mal rire en ce moment. Cette nuit, pendant mon quart, il m’a demandé comment s’appelle le resto qu’on venait de passer et de demander à la femme avec son chien de revenir ici… Des petites hallucinations assez comiques ! Par contre, coté bibine, on s’est un peu inquiété avec Guillaume lorsqu’on a fait les courses, car on trouvait que Denis prenait pas mal de vin. Mais ça va, il ne force pas la dessus. Un verre tout les deux jours à peu près. Ce qui n’est rien en comparaison de la quantité qu’il s’envoyait en Martinique…

Sur ce, j’vous fais une grosse bise, j’vais aller reposer mon poignet et profiter du soleil tant qu’il en reste. Et oui, il fait nuit à 18h30, mais jour à 5h30 !

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Dimanche 18 Mars 2007 ; 11h20 ; 19°40’N 60°32’W

500 NM au large de la République Dominicaine

 

Hier soir, crise de tourista générale excepté pour Guillaume… S’en suivit de grosses difficultés pour dormir… Et aussi de grandes réflexions ! Surtout pendant le quart de nuit (2h-5h) sans cargo ni casse ce coup-ci !

Ah ! Quelles réflexions, sur quoi portaient-elles ou sur qui ?

Cette nuit, j’ai fini un bouquin qui s’appelle « Le vieux qui lisait des histoires d’amour » de Luis Sepulvida. Et ça m’a amené à cogiter par rapport à ma relation aux autres, qui et pourquoi certaines personnes sont des amis, l’importance d’une relation bilatérale en amitié ou en amour…

Est-ce qu’une amitié entre deux personnes peut fonctionner si l’un des deux est gêné par le comportement de l’autre vis-à-vis de lui en public ?

Est-ce qu’une amitié entre deux personnes peut fonctionner si la relation a débuté sur des sentiments amoureux pour l’un ? « On ne saurait passer de la plus forte amitié qu’à un amour faible » et la réciproque existe-t-elle ? Est-ce que cela fonctionne aussi dans le sens amour vers l’amitié ? Et si l’amour n’avait été fort que d’un seul coté ?...

 

Après la tourista hier soir,  maintenant, le bateau se transforme en léproserie… Guillaume et moi pelons aux épaules et au visage… Le bateau roule énormément, il passe de vingt degrés de gîte bâbord à vingt degrés de gîte tribord en quelques secondes…C’est assez sympa, du coup, on se badigeonne à fond de crème pour pas reprendre des coups de soleil là où on pèle…

Ce voyage est vraiment un voyage initiatique (merci ma chérie pour cette phrase-là !). Imaginez-vous, sur le pont d’un voilier, il est 3h du mat’, ça fait une heure que vous êtes de quart, sur le pont, à guetter l’horizon, à la recherche d’un hypothétique cargo, il vous reste encore deux heures de quart, en bas, vous entendez l’un qui tousse, l’autre qui parle pendant son sommeil (on se moque pas, je fais pareil…). Vous descendez vous préparez un peu de riz, le reste de dinde, et mettez l’eau à chauffer, pour plus tard, prendre une soupe, un café, un thé… Pendant ce temps là, vous avez tout loisir pour observer la Croix du Sud, Bételgeuse, Aldébaran, la Grande Ourse et la Petite Ourse… Certaines étoiles, constellations, ne sont visibles que de l’hémisphère Sud ou en étant assez proche de l’Equateur. La Croix du Sud, c’est la Grande Ourse de l’hémisphère Sud pour ceux qui ne savent pas !

La pêche est toujours infructueuse, malgré des bancs de thon et des poissons volants aperçus hier et ce matin. Hier, pendant mon quart, j’ai eu droit à une frégate qui nous a tourné autour pendant trois quarts d’heure. Non, non, non, une frégate n’est pas forcément un bateau de l’armée, c’est aussi un oiseau de mer qui vit sur les océans. Détail original, elle ne se pose quasiment jamais sur l’eau et dort en vol !

Sinon, discutons un peu de l’équipage :

Denis, 47 ans, skipper, cinq transat’ à son actif, mais jamais dans le sens Antilles-France ! Bourré 24h/24 à terre. Ce qui nous a valu un joli coup de flip avec Guillaume. Une fois sur l’eau, il passe son temps, soit à dormir quand il est hors quart, soit à son quart ! Là, il vient de trouver un nouveau passe-temps, la pêche et comment marche l’Iridium…

Guillaume, 19 ans, équipier, futur capitaine Marine Marchande, 1ère transat’. Durant la partie à terre, il était comme moi anxieux. Depuis qu’on est parti, on parle moins. Je ne sais pas du tout ce qu’il pense de tout ça. Il a été malade au début, moi aussi d’ailleurs, mais juste le temps de s’amariner (pour tout les deux).

Et ensuite, il y a moi ! 23 ans, équipier, futur charpentier de marine, 1ère transat’. Un peu gaffeur, cassage de drosse de barre à roue… un peu cuistot, c’est bibi qui fait la cuisine… un peu mécano, c’est bibi qui répare tout les petits problèmes du bord… un peu photographe, environ 400 photos en six jours de mer…

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Samedi 17 Mars 2007 ; 15h20 ; 18°25’N 60°34’W

 

A 120 NM à l’est de St Barth… Martinique, Dominique, Guadeloupe, La Désirade, Marie Galante, Antigua, Barbuda, … Îles aux noms enchanteurs, sentant bon le soleil, le rhum, la vanille !!

Quatre jours qu’on est en mer, enfin totalement amariné. On a essuyé deux grains pas très violent et visible de loin.

Cette nuit, il m’est arrivé un truc pas très marrant. Sur les coups de 00h30, j’ai croisé un supertanker, ce sont les immenses cargos (plus de 200m). Je voyais deux feux blancs et un vert. Je n’arrivais pas à discerner si on était en route de collision ou non. Du coup, j’ai réveillé Denis. Il a fallu modifier le cap du bateau pour passer au cul du tanker. J’ai tourné la barre à roue, en oubliant que Sophie (c’est le nom du régulateur d’allure) était branchée. Du coup, ça a forcé et j’ai pété l’un des câbles (drosses) qui permet de faire la liaison entre la barre à roue et le safran. Maintenant, si on veut barrer, c’est à la barre franche… et elle est très dure ! On verra une fois à Horta aux Açores pour réparer. Mais je suis super content…ce n’est pas dramatique, mais ça me travaille.

Guillaume tousse toujours. Je l’entends dehors (c’est lui de quart jusqu’à 17h).

Denis  dors et ne picole pas !

Ugo écrit à sa chérie et dans son journal de bord !

 

Hier, ça a été douche à l’eau de mer ! C’était sympa, avec une eau à 27°C. Je ne suis pas sûr de faire comme ça au large des Açores ou de La Rochelle.

Cet après-midi, session rasage (toujours à l’eau de mer !) et session miroir ! C’est-à-dire que l’on se regarde dans le miroir et on se demande qui est cet étranger face à nous ! (nez qui pèle, visage rouge ou bronzé, teint légèrement buriné, cheveux en pagaille…). C’est très comique !

C’est notre quatrième jour de mer, j’ai déjà fini un bouquin, celui que m’a prêté Thibaut de Tramasset. Je l’ai bien aimé, une histoire de trésor, d’amour, couplé à une vengeance familiale, le tout se déroulant en majeur partie dans les Caraïbes, au 18ème siècle. Du coup, c’est Guillaume qui le lit là. On ne s’ennuie pas à bord. Il n’y a pas le temps ! La vie à bord est rythmée par les quarts de trois heures. Trois heures pendant lesquelles chacun est responsable du bateau et des autres à tour de rôles. Ce qui fait six heures de repos pour trois heures de « travail ». Donc on dort pas mal vu qu’au max on fait des nuits de six heures ! Dès qu’on a un moment de libre, on en profite pour se reposer, bouquiner, écouter de la musique, faire à manger, écrire… Tout cela occupe pas mal, je l’avoue !

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Vendredi 16 Mars 2007 ; 15h30 ; à 50NM à l’est d’Antigua ; 17°04’N 60°43’W

Je suis de quart, c'est-à-dire que c’est moi qui suis responsable de la bonne marche du bateau pendant trois heures, pendant que les autres se reposent. Là, le ciel est plus ou moins couvert, quand des nuages passent au-dessus de nous, on a d’un coup, beaucoup de vent (jusqu’au double, voire plus… ex : 10 nœuds à 25 nœuds en moins de deux minutes…). C’est splendide, que du bleu à perte de vue ! On pourrait s’en lasser mais non, pour le moment, ça va ! En même temps, ça fait que trois jours que nous sommes partis ! On verra dans 20 jours !

Je stoppe là pour cet après-midi, il est 16h30. Guillaume est sur le pont avec moi, alors j’arrête mon autisme…

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Jeudi 15 Mars 2007

 

Réveil à 8h30, le bateau gîte légèrement, j’entends Denis et Guillaume en train de parler. Je me lève pour les rejoindre dans le cockpit. Quand je sors la tête, j’observe à l’arrière du bateau pour voir la Martinique, je n’en distingue qu’une légère tache à l’horizon. Ça y est, on est vraiment seul au monde, parti pour au moins 20 jours de mer. Guillaume va mieux, moi aussi. Le sommeil nous a fait du bien.

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Mercredi 14 Mars 2007

 

10h, la pendille est coulée, le moteur démarré, les amarres larguées. Ca y est, on prend la mer, au moins 2200 milles à courir à l’Est avec un fichu vent d’Est…

J’étais balloté jusqu’à 14-15h, sûrement à cause de la courte nuit de la veille…

On tire un bord vers Sainte Lucie, puis on vire et retour à la case départ. Trugarez a du mal à caper au près. Du coup, affalage de la grand-voile et démarrage de moteur pour se dégager de la Martinique. Guillaume a un léger mal de mer. Deux-trois vomis pendant ces quarts. J’ai pris les quarts de 19h à 22h et de 3h à 5h. Ce fut merveilleux, le ciel était rempli d’étoiles, de la Grande Ourse à la Croix du Sud.

Mes épaules me tiraillent, le soleil a été violent aujourd’hui. Demain, on mettra un tee-shirt.

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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Dimanche 15 juillet 2007

Mardi 13 Mars 2007

 

Faux départ.

Des petits trucs comme la bouteille de gaz, le kerdane, nous ont fait décalé notre départ à demain. Apéro offert par Gérard Brian et son amie Annick à bord de Mascaret.

Des personnes très charmantes qui doivent halluciner par rapport à Denis.

Le soir, après le « repas », composé de cacahuètes, on va boire un coup avec Guillaume. La pina colada fut bien bonne. En rentrant sur le bateau, tellement fatigué que je me suis endormi dans le cockpit.

par Ugo publié dans : Journal de bord transat'
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